J'écoute : d'une oreille distraite les desiderata de mes parents ...
Je regarde : les bateaux passer devant mes velux
Je lis : le mercredi immo ... tous les mercredis
Je joue : au poker ... et j'ai une veine insolente
Je mange : donc je bois ...
Je bois : donc je fume ...
Je cite : " tant va la cruche à l'eau ... qui est à l'appareil ? " ... o-O' ... " pas mieux ! "
Je pense : encore beaucoup à lui
Je rêve : de vivre à St Malo ... mais je crois que je rêve
(mis à jour mardi 8 janvier 2008 à 01:55)

14/02/2008

14/02/08 - 08:48

Calembour du jour ...

Mes illusions sont des truites, mon coeur est malheureux comme l'est Pierre ...

Pouët !

25/01/2008

25/01/08 - 19:00

Vendredi 25 janvier 2008, 18h59, j'ai appuyé sur enter ...
Mon univers s'écroule, Dr Jekyll n'est plus, Mr Hyde a pris la place ...


Ce journal n'a plus lieu d'être.

10/11/2007

10/11/07 - 01:58

"Voilà, c'est fini ... "

Il ne s'attendait pas à cela, et il l'a pris en pleine poire. Pas beau à voir. Après un interminable silence, j'entends ... "Tu n'es plus heureux avec moi ?" ... Oh que c'est dur de s'entendre dire ça ! Je ne m'attendais pas à cela, et je l'ai pris en plein coeur. Ressentant sa douleur, pendant un instant, j'ai bien cru renoncer, le serrer fort dans mes bras ... "mais si ! je suis fou !" ... Mais non, Dr J veillait et j'ai tenu bon, sans vraiment d'explications.
Je n'ai pas trop compris. C'est moi le salaud ? le sale gosse gâté, blasé, lassé par son jouet ? Nan parceque c'est bien moi qui ai joué, pendant presque un an, avec son cul, avec son coeur et puis ... "Oh regarde ! Un plus beau dans la vitrine ! " ... et là, c'est bien moi qui le lâche par terre comme un vieux Big Jim cassé, non ?
Je suis paumé, là. Ou alors ce n'est pas moi ? C"est juste qu'elles finissent toujours comme ça les histoires d'amour ... mal ... en généra-a-al ? C'est peut-être ça : mathématique! X aime plus que Y, et Y croit que l'amour de X suffira pour deux, alors il y croit ... mais c'est une équation sans solution. Ou alors plus imagé! la théorie du tandem : pour avancer, il faut être deux à pédaler. Si l'un pédale moins, l'autre rame ... et c'est la chute assurée.
L'issue fatale des amours dissymétriques ! ... ta gueule !

Cela fait déjà quatre jours, et toujours ce sentiment de culpabilité chevillé au coeur. Mais qu'est-ce-que j'ai fait ?
Son texto le lendemain matin, et moi les larmes aux yeux. Son coup de fil le lendemain soir ... "besoin de comprendre" me dit-il ... et moi completement ivre lui bredouillant des explications vaseuses soufflées par Dr J. Depuis, plus de nouvelles, demande d'asile chez une amie où l'alcool est facile, ne pas rester seul. Hier soir, la clubman party, champagne, 'tits fours, gogo danseuses, vieilles peaux/gigolos vs vieux beaux/bimbos ... que du lourd ! A la tienne Etienne ! Port de tête calculé, retour maison pas trop mal. Pas sommeil. Ouvertures de comptes RezoGayCompagnie ... et hop ! hauts les coeurs! ... Haut-le-coeur je dirais. J'en ai eu la nausée de les voir défiler tous ces portraits. Trop jeune, trop vieux, trop cloche, trop moche. Tous navrants. J'avais envie d'en insulter un sur deux, de leur dire combien je les trouvais pitoyables de s'afficher dans des poses si niaises avec des commentaires si bêtes ... " kikoo cool lol sans prise de tête" ... " mais si justement! j'vais t'la prendre ta tête, imbécile! et PAF contre l'mur" ... Parfois je me surprends, je crois que j'ai l'alcool gai, mais le chagrin méchant. Et de les voir tous, là, vautrés dans leur médiocrité, je constatais dégouté qu'aucun du lot ne "lui" arrivait à la cheville. J'ai pleuré.

Ce soir je pense à lui, je sais que je devrais être là-bas, avec lui parmi ses amis, et que l'on devait passer un we fabuleux.
Ne pas pouvoir raisonner de l'amour qu'il me porte me rend malade.

"Voilà, c"est fini.
Ne sois jamais amère, reste toujours sincère ..." (Aubert)

Facile à chanter ... crétin ! Vis et tu verras !

19/10/2006

19/10/06 - 01:03

Disparaître d'une friendlist réciproque ...

C'est peut-être ...

Le nettoyage d'un journal en jachère ?
Le recalquage au réel d'une chimère virtuelle ?
Le reproche muet d'un acte manqué ?
Le vent de la disgrâce qui se lève ? ...

Que sais-je encore ?

C'est, en tout cas, bien plus blessant qu'un blacklistage sauvage ...

12/10/2006

12/10/06 - 01:56

La prophétie du grain de sable.

Lundi, 8 heures ... il a suffit de quelques notes criardes d'une sonnerie électronique pour venir briser le calme feutré du petit-déjeuner où mon odorat se réveillait d'odeurs de mûres et de café, sous une lumière tamisée ...
" Tu as vu l'état de ton compte ? "
Atterrissage forcé de mes rêveries ébouriffées du matin.
" Non, pas spécialement ... mais je m'en occupe, pas de ..."
" Bip ...bip ... bip ..."
Se demander si les avantages que me procurent ce droit de regard sur mes intimités bancaires suffisent vraiment à contrebalancer ce genre de réveil ... c'est à réfléchir.
Une vérification immédiate s'impose, si bien que quelques clics plus tard et un mot de passe enregistré, je me retrouve devant l'écran, à cligner des yeux encore endormis, face à ces colonnes Débit-Crédit retraçant l'historique de mes opérations. Après vérification je suis bien obligé de constater que le résultat de toutes ces additions et soustractions s'affiche bel et bien en rouge ... et non en bleu ! shit !
Mais pas de stress inutile, jouissons de tout ce que le progrès technologique peut apporter à l'homme moderne : le ludique rejoint le pratique, la transaction bancaire devient un jeu dont vous êtes le héros, un clic de joystick et le virement dématérialisé transforme le rouge en bleu ! Yes ! ... game over ! ... play again ?
Puis, d'un coup d'oeil rapide, je déchiffre en diagonale les dernières opérations responsables du franchissement de la frontière plus-moins, le fameux zéro des comptes ... et là, je vois ! ... mon coeur s'arrête, net ! ... je lis :

" 9/10 : CB intermarché Amiens "

Le choc! je réalise avec effroi, qu'en l'espace d'un instant, mon alibi du week-end, si soigneusement mis au point, est en train de voler en éclat. Car, alors que Mister Hyde dansait sous les draps d'un amoureux secret, Docteur Jekyll, lui, officielement, était sensé passer ces deux jours à Caen chez des amis de fac. Juste pour un nom, juste pour un détail géographique ... et voilà qu'apparait sur mon écran la preuve accablante et irréfutable de mes mensonges ... sueur froide, palpitations ... "il faut que j'efface ce truc ... la souris ... cliquer ... sélectionner tout ... supprimer ... merde, y a pas supprimer ... ça marche pas ... fais ch*** ! ..."
Angoisse décuplée au moment où je commence à réaliser que ma mère a sûrement déjà lu cette page, cette ligne maudite, puisqu'elle vient d'appeler ...
Alors je reste là, comme abruti, réalisant à peine ce qui m'arrive, la tête explosant de questions ... "Qu'est-ce-que je leur ai dit ? ou pas dit ? et à qui déjà ? comment ? ..." C'est la panique ...
Puis d'un coup, je sens venir un sentiment étrange, inconnu, improbable même. On dirait que la panique générale qui me paralyse d'angoisse est en train de laisser place à une sorte de résignation, une résignation teintée de délivrance ... C'est à ce moment que je repense à la prophétie du grain de sable que j'ai toujours redoutée avec superstition ... celle de ce minuscule grain de sable qui parvient à enrayer les machines les mieux rodées ...
Et elle est là, devant moi, la concrétisation, la matérialisation de mon grain de sable, à moi ... c'est peut-être ça ! ce libélé à la con ... " CB intermarché Amiens" ... le détail fatal qui fera exploser la machine à mensonges du Docteur Jekyll ... qui fera apparaitre aux yeux du monde le vrai visage de Mister Hyde ... Angoisse, panique ... résignation, délivrance ...

Dr J - Oui alors tu vois, à ta place, je ne compterais pas là dessus ! Il va encore falloir que je répare tes boulettes ... tu ne pouvais pas faire attention et utiliser la carte pro plutôt que la perso ! tu sais bien que les paiements CB sont détaillés ...
Mr H - Oui, peut-être, non ... je n'ai pas réalisé ...
Dr J - Tu n'es qu'une brèle ! Comment je fais, moi, pour expliquer qu'en passant un week-end à Caen je prends de l'essence à Amiens ! Hein ?
Mr H - Oh, je te fais confiance ... tu as une imagination débordante ...
Dr J - Bon, encore une chance, on est lundi matin, je n'ai encore rien raconté de ces deux jours ... il n'est pas trop tard pour intégrer Amiens dans le périple ...
Mr H - Et allez ! encore un bobard ! ... tu sais, je commence à être fatigué par tout ça ... il est temps que ça s'arrête, je ne crois pas pouvoir tenir longtemps ... tu ne pense pas que c'est le moment, que l'on pourrait en profiter pour ...
Dr J - Arrête ! Ne complique pas la situation ... je vais faire en sorte de retravailler le scénario du week-end, pour que ce soit crédible ... et tout ira bien ...
Mr H - J'en ai plus qu'assez, je te dis ... s'il te plait, écoute moi, essaye de songer à une solution pour en finir avec toutes ces cachoteries, on peut commencer à préparer le terrain, non ? petit à petit ?
Dr J - Pas pour le moment ! et ce n'est pas à toi d'en décider ... mais rassure toi, l'idée fait son chemin ... j'ai écouté ce que t'a dit M*** ce week-end, ses conseils et je ne suis pas borné, sache-le ... mais laisse moi mûrir tout ça, me faire à l'idée ...
Mr H - Tu es serieux, là ?
Dr J - Très serieux figure toi ... tu l'auras ton coming out, tu l'auras, mais un peu de patience ... et j'ai déjà trouvé à qui en parler en premier ...
Mr H - Naann ! C'est vrai ? A qui ? Dis moi !
Dr J - Tu verras bien ...
Mr H - E* et B* ?
Dr J - Evidemment ;)

04/10/2006

04/10/06 - 01:58

Mr Hyde mène l'enquète ...

Je suis plutôt du genre fidèle ... concernant GA du moins ... mais je l'avoue, il m'arrive parfois d'aller surfer ailleurs et de flâner sur un site-dont-je-tairai-le-nom, qui a le défaut majeur, à mes yeux, d'être payant mais qui a l'avantage, lui au moins, de regrouper un plus grand nombre d'inscrits "actifs" habitant ma chère Bretagne. C'est amusant de noter, d'ailleurs, que la grande majorité d'entre eux s'affiche toujours résider dans une grande ville, voire une ville, tout court.
Qu'est-ce à dire ??? Que la "peste rose" a épargné les âmes chastes et pures de nos campagnes bretonnes ? Hum hum, ça m'étonnerait ! ... Que la fée ADSL ne parvient toujours pas à franchir les Monts d'Arrée ? Non non, ça c'est une légende urbaine à la parisienne ! ... Moi, je dirais tout bêtement que mes petits camarades bretons préfèrent, pour plus de clarté et pour être facilement "situables", s'apparenter au chef-lieu le plus proche. Car, comme aurait dit ma grand-mère ..."tout breton, digne de ce nom, sait situer par coeur les sept étapes du Tro-Breizh, non ? ... sinon, c'est que tout fout l'camp ;)
A moins que cette simplification géographique, affichée dans les portraits, ne soit qu'une amabilité déguisée afin d'éviter d'écorcher nos pauvres yeux, formatés à la langue française depuis plus de cinquante ans, avec des noms de bourgades tels que : Plounévez-moëdec, Inzinzac-Lochrist ou méme Croas-en-Intron ... merci pour eux ! (nos yeux)
Quoiqu'il en soit, j'ai longtemps cru que tous les bretons "dudit site" ( tiens ça me rappelle un truc entendu sur un numéro en 08 ça !) ... et ben, ils z'habitaient tous à la ville, dame oui ! ...
Jusqu'à la semaine dernière, en fait. Un soir, je suis resté scotché sur un nouvel inscrit qui avait eu le courage, ou l'audace inconsciente, d'afficher le nom de son village ... St Martin-les-pommes-de-pins * (nom fictif, cela va de soi, par souci de discretion ). Scotché je disais, ou plutôt épris de cet effarement , ce sentiment que l'on rencontre à travers une anecdote ou une coïncidence qui nous fait nous exclamer, l'air ahuri ..."c'est pas vrai ? c'est fou comme le monde est petit !" ... Car je venais de voir, affiché sur mon écran, le nom de ce petit patelin, qui compte à peine sept cents habitants au plus creux de l'hiver, et qui évoque chez moi de bien doux souvenirs et une tendresse particulière ... St Martin-les-pommes-de-pins !!! mon berceau familial, le fief de ma famille, où sont enterrés mes grands-parents ... et au moins les cinq ou six générations qui les précèdent ...
Alors tout excité à l'idée d'avoir trouvé, dans la jungle internet, un "frère de patelin" et malgré les réticence de ce cher Dr Jekyll qui continue de s'accrocher à sa réputation d'hétéro comme une bernique à son rocher ... je n'ai pu résister à envoyer un message à ce mysterieux voisin ( mysterieux car le portrait était sans photos). Petite formule de bienvenue, ton poli, léger, pour faire connaissance, agrémenté de quelques mots clé, histoire de lui faire comprendre que je connaissais plutôt bien le coin, mais sans trop en dire, non plus, pour ne pas éveiller ses soupçons. Avec quelques références aux merveilles touristiques locales, au charme du paysage, je lui faisais constater la chance qu'il avait de vivre au milieu de ce petit paradis.
Sa réponse ne se fit pas attendre ... brève mais explicite : une seule phrase finissant par "bled pourri" ! ... Quel ingrat !
Un peu déçu, limite vexé, par ce manque de volubilité, je décidais de repartir à la charge. C'est vrai, quoi ! Il m'intrigue ce garçon ! 27 ans, 1,75m, brun, les yeux bleus ... Qui ça peut bien être ? Akim* le fils du forgeron (lol), Erwan* le petit-fils du restaurant "Les ajoncs d'or" *, Loïc* l'arrière petit fils du Capitaine Kermoisan* qui chassait avec mon arrière grand-père ? ... Car s'il est vrai que nous n'habitons plus là-bas à l'année, nous avons quand même passé toute nos vacances dans ce joli pays et je connais presque tout le monde là bas, au moins de vue ... Combien de fois il m'est arrivé de monter chercher du pain et de croiser un p'tit bonhomme, souvent un peu grassouillet, le teint buriné par le soleil ( ou par l'alcool, mais là, ce serait médire ) la casquette vissée sur la caboche, et qui me lançait avec son patois chantant ... " tiens don' ! ce s'rait ti pas l'fils à C*** ! ça va mon potiot !" ... et moi de répondre machinalement " très bien, merci !" tout en dévisageant cette trombine en cherchant si je l'avais déjà vu quelque part, ou si son bonjour tenait au fait que j'ai toujours été le portrait craché de mon père au même âge ... Et bien souvent, quand je rentrais en transmettant le bonjour du fameux Marcel*, ou Roger*, ou encore Léon* j'étais effaré d'apprendre que c'était bien mon père qui avait usé ses fonds de culotte sur les même bancs d'école que ce vieux loup de mer ... et non mon grand-père ! (On a bien fait de quitter ce maudit pays ! on a l'air d'y vieillir deux fois plus vite qu'ailleurs !!!)
Enfin tout ça pour dire que, connaissant pas mal de monde à St Martin-les-pommes-de-pins, il y avait de grande chance que je connaisse ce mysterieux nouvel inscrit. Je devais mener mon enquète habilement sans lâcher un seul détail qui pouvait me faire démasquer ... Animé d'une curiosité excitante, malgré une première réponse brève (c'est peu dire!) et un brin critique sur mon village adoré, j'ai voulu enchainer, toujours sur un ton amical, léger, anodin, en avancant mes pions par quelques questions plus précises et par une éloge de circonstance sur le fameux pain du boulanger, qui est à se damner ... le pain, je précise, pas le boulanger ... non vraiment, pas le boulanger ! Sa deuxième réponse fut tout aussi rapide ... et toute aussi brève : une seule phrase finissant par " je ne mange pas de pain" ! ... pas de pain ? quel crétin !
Devant cet échec cuisant de tentative d'approche, Dr Jekyll reprit les commandes et décida de répondre à ma place ... je n'ai rien pu faire ...

Dr J - Evidemment ! tu attendais quoi ? Je n'allais pas te laisser perdre ton temps avec un gros naze ! tu as bien vu, deux messages, tu tournes en rond ... rien à en tirer! on remballe et on oublie !
Mr H - Mais on ne pouvait pas insister encore un peu, non ? il est peut-être juste méfiant ... tu as vu mon profil sur ce site ? pas très glamour quand même ! Remarque maintenant c'est foutu ... on ne saura jamais qui c'est ...
Dr J - Pourquoi ?
Mr H - Ben après l'avoir traité de gros plouc, tu penses !
Dr J - Je ne l'ai pas traité de gros plouc ... je lui ai juste dit que si je l'emmerdais avec mes questions il fallait le dire, c'est tout ... et que notre grand-mère avait raison ... tous des ploucs dans ce fichu pays !
Mr H - Ah tu vois ! tu l'as dit !
Dr J - Roooh c'était de l'humour ! ... s'il prend ça pour lui, c'est un imbécile, voilà tout !
Mr H - Bon bref ! maintenant tu ne t'occupes plus de rien, et tu me fous la paix, OK ? ... c'est mon profil, c'est à moi de répondre, compris ? ... avec un peu de chance il répondra quand même malgré tes dictons à deux balles ... n'empêche ... j'aimerais vraiment savoir si on le connait ce ... "grokikidu22" * ! ...
Dr J - Euh, moi je ne préfère pas savoir !


* Evidemment, noms et prénoms fictifs, fatalement !

29/06/2006

29/06/06 - 01:03

Pour le foot, tu repasseras !

Mr H - Hé bé, Docteur, t'en fais une tête !

Dr J - ... (soupir) ...

Mr H - Ca ne va pas ?

Dr J - Un peu ... désespéré ...

Mr H - Raconte !

Dr J - Je viens de faire une heure de repassage ...

Mr H - Ah il était temps, on n'avait plus rien à se mettre !

Dr J - ... en regardant "desperate housewives" ...

Mr H - Ah ouais, j'adore! ... et c'est quoi le problème ?

Dr J - ... je crois que j'y ai pris ... du plaisir ... (soupir) ...

Mr H - Ouarff ! ben c'est bien, tu vois, je commence à prendre le dessus ! ... HI-HAAA !!!

Dr J - C'est ça, fais le malin ! tu vas voir ... samedi soir, c'est soirée foot chez les copains !

Mr H - Oh nooon ! pas çaaaa !

Dr J - Et si ! tee-shirt bleu blanc rouge ... roteuses, cahouètes et cri d'guerre ... "allez Zizou !" ... on va leur foutre la patée !!!

Mr H - Tu parles ! les espagnols sont bien plus forts !

Dr J - ... desperate Mister Hyde ! ...

28/06/2006

28/06/06 - 15:08

La croisée des chemins ...

Lundi j'avais rendez-vous avec une fée,
Un rendez-vous semaille, nous avons planté deux petites graines ...
L'attente fébrile du résultat de floraison :
Moins de deux semaines pour la première,
Environ trois mois pour l'autre ...
La promesse d'un bouquet bigarré, fleurant bon le blé,
Et que j'attends depuis des mois ...

Alors, en attendant, que faire ?

Le comble du jardinier *, peut-être ... montrer mes fesses, pour faire rougir les tomates ...







* Astrapi, circa 1982

26/06/2006

26/06/06 - 01:02

L'été sera chaud ?

Voilà, le soleil a pris ses quartiers d'été, et, depuis un moment déjà, je ressens l'envie d'une sorte de bilan. Oui un bilan, de mes premiers pas, non pas sur la lune ( quoique ?) mais dans ce monde si étrange que la nature prétend être le mien ... un bilan sur ces limbes où je me perds en ce moment, naviguant entre deux eaux, entre deux mondes ... celui du Dr J, qui règne toujours en maitre et vit sa vie de velours au grand jour ... et celui du pauvre Mr H qui lui, ne lève le masque qu'une fois bien à l'abri dans ses pénates, devant l'écran d'ordinateur ... les eaux se réchauffent, la mue est en route ... mais je suis bien loin d'atteindre la satisfaction que j'espérais tant . J'ai fait un pas, le premier et le plus facile sans doute, et là je n'ai plus d'autre choix que d'entamer le second ... tant redouté !
Car depuis longtemps, ce fameux coming out, je l'ai imaginé, projeté, répété, révé même parfois ... et j'étais arrivé à la conclusion suivante, que pour y arriver, pour trouver le courage de parler à mes proches, il me fallait tout d'abord rencontrer un garçon ... oui, je n'imaginais les choses que dans cet ordre là : que le hasard, le destin, la providence ... peu importe son nom ... mette sur mon chemin un charmant garçon, souriant, tendre, drôle et bienveillant ... que cette relation naissante, cette découverte entre des mains expertes puisse se faire quelque temps dans une douce intimité, à l'abri des regards et surtout des jugements et que, fort de cette épaule amicale et rassurante, je puisse me préparer à l'annonce officielle . A partir de ce moment là, me sachant soutenu, j'aurais pu me tenir prêt à affronter le meilleur comme le pire ... les cris, les peurs, les déceptions, les larmes et le dégoût qu'une telle annonce allait engendrer . Ne pas être seul, voilà l'idée maitresse, ne pas vivre seul un moment pareil . Car, par honte ou par pudeur, je ne souhaitais pas trouver de réconfort auprès de mes proches, surtout pas ... je voulais leur laisser le temps de se faire à l'idée, de digérer la nouvelle en m'exilant, temporairement bien sûr, de leur amour ou de leur amitié ...

Il jour de grand soleil, j'ai rencontré un garçon ... un que j'imaginais pouvoir me prendre la main et m'accompagner sur le chemin épineux de l'aveu ...
Il n'a pas compris, pas compris puisque je ne lui ai rien dit ...
J'aurais eu besoin surtout d'un ami ... d'un amant également, bien sûr, pour rendre les retrouvailles bien agréables ... mais pas d'un mari, non, vraiment pas ... un quiproquo ? peut-être ...
Il ne m'aurait pas fallu plus de quelques semaines, voire quelques mois pour pouvoir vivre une relation privilégiée, faite d'intimité partagée, de connivense régulière ... une sorte de parrainage, en fait, pour m'accompagner, aux yeux de tous, dans ce monde qui m'attire autant qu'il m'effraie ... pour que ces doigts qui me caressaient soient également là pour sécher mes larmes, si besoin ... pour que ces lèvres qui m'embrassaient soient également là pour me rassurer et me dire " ne t'en fais pas, ça leur passera ..."
Et puis l'épreuve terminée, chacun aurait pu reprendre son livre, sa lecture, à la page laissée quelque temps auparavant ...
Mais il n'a pas pu comprendre, je n'ai pas su lui demander ...
D'ailleurs, ce genre de chose ne se demande pas finalement ... elle s'offre à nous, ou pas ...
Alors mon enthousiasme juvénile s'étant envolé, je n'ai rien pu faire d'autre que d'assister, impuissant, au ras-de-marée que provoque le vague à l'âme qui fait perdre pied et de voir se noyer les illusions dont je me nourrissais . Quelques semaines éprouvantes à vivre sans personne à qui se confier ... je ne veux plus y penser, ne plus jamais y revenir ...
C'est pendant cette période que l'idée de tout leur balancer à la figure, m'est même venue à l'esprit . J'imaginais, naïvement, que de me savoir si malheureux les inquiéterait plus que le fait de découvrir mes "mauvais penchants" ... deux fois j'ai bien failli le faire, mais ce n'était pas le bon moment . Ils avaient besoin du Dr J, alors je n'ai rien dit ...

Alors aujourd'hui, c'est le bilan :
Je n'ai pas rencontré de charmant garçon qui puisse rendre plus douces mes heures d'après coming out ...
Je n'ai pas tout déballé dans un pur moment d'égarement mélancolique ... ouf heureusement ...
Je ne vois plus qu'une solution : ne compter que sur moi même, affronter seul la série des aveux ... en cascade, tant qu'à faire, car, quitte à lancer un pavé dans la mare, autant que ce soit un menhir dans le "lac au duc" ... et puis on abrégera les souffrances ...
Car là, je suis décidé ... ce sera cet été ...
Profiter de cette période de relâche où les gens sont en vacances, prendre un verre de whisky, ou deux, et se lancer ... " allo Maman ? " ... puis mettre les voiles, se barrer, en vacances justement !

Dr J - Et moi, je n'ai pas mon mot à dire ?
Mr H - Si ... où veux-tu partir en vacances ?
Dr J - Ouais ouais ! c'est ça ! range ta valise ... on est pas encore parti !

08/05/2006

08/05/06 - 00:23

Ma toute belle ...

Je me souviendrai encore longtemps du jour où je t'ai délivrée de chez ce Ténardier, cet ignare qui te laissait croupir dans ce taudis, où personne ne t'avait remarquée ...
Du jour où je t'ai attrapée dans mes bras, contre quelques billets, puis installée rapidement dans ma voiture, pour revenir à la maison, t'offrir une vie meilleure, un nouveau toit, chez moi ...
Ce fut en te mettant debout, sur la table du salon, que j'ai pu prendre le temps de mieux t'ausculter ... de découvrir, chagriné, les sévices que l'on t'avait infligés et de constater, au fur et à mesure que mes doigts te caressaient, ces implacables stigmates laissés par des années d'abandon ...
C'est là que j'ai remarqué avec effroi l'atroce morceau de métal servant d'attelle à ton pied cassé, toutes ces cloques et ces griffures qui marquaient ta chair ... ces oripeaux fanés dont on t'avait affublés et contre lesquels bien trop d'irrespectueux personnages avaient dû se frotter sans vergogne ... toute cette crasse noire et grasse qui recouvrait ta peau si douce par le passé ...
Quelques gestes sûrs, une toilette de chat, et tu reprenais vie ... au milieu de la mienne ...
Mais je crois qu'il est grand temps, aujourd'hui, de m'affranchir de cette promesse faite ce jour là ... à toi, qui m'offre toujours tes bras confortables quand j'ai besoin de repos ... toi qui a su rester là sans te plaindre ... toi qui, malgré ton état, fait toujours l'admiration de mes amis ...
Ne t'en fais pas, ma toute belle, je vais bien m'occuper de toi ... je vais te déshabiller de tes haillons, je vais te démonter, t'effacer ces marques disgracieuses, te coller, te lustrer, te vêtir d'un somptueux brocart ... pour que tu puisses à nouveau retrouver ta fierté, ta dignité originelle, ta splendeur passée ... toi, ma toute belle ... ma bergère empire adorée ...

Demain, huit mai, j'm'y mets ... juré !

04/05/2006

04/05/06 - 00:43

On arrête pas le progrès ...

Dr J - Mais tu fais quoi, là, devant ton écran ?
Mr H - Heu rien ...
Dr J - Oh, ton petit air de cachottier ... c'est quoi ce site ? ... Mais tu donnes ton numéro de carte, comme ça maintenant ! ... t'es malade !
Mr H - Mais non, regarde ... il y a un petit cadenas jaune en bas ... c'est sécurisé !
Dr J - Bien sûr ! et quand on t'aura piqué 1000 euros sur ton compte, ils te metteront à coté, sur ton relevé, un petit paquet cadeau rose et un "merci pigeon" ! ... enfin, si tu le dis ... c'est toi le grand spécialiste informatique, après tout ...
Mr H - Eh, tu me lâches !
Dr J - Et c'est quoi ça ? ... "confirmer ma commande" ... Monsieur fait ses emplettes sur le net, c'est ça ?
Mr H - Dé-gage !
Dr J - Mais c'est un site porno, ça, mon cochon !
Mr H - N'importe quoi ... on y vend des sous-vêtements, c'est tout ...
Dr J - Ah d'accord ... et tu penses qu'avec ce boxer tu vas ressembler au bellâtre, là, tout bronzé, les mains sur la tête ... il a des poux ? ... la hanche de travers et les yeux langoureux ? ...
Mr H - Eh ! ravale ta bile, Emile ! ... s'il y a une chose que l'on peut au moins m'accorder, c'est de ne pas être trop mal gaulé quand même, merde ! aucune raison que ça m'aille moins bien qu'à lui ...
Dr J - Et ça va, grosse tête ? ... t'enfiles toujours tes pulls ?
Mr H - Dehors !
Dr J - Ok ok ... alors voyons ça de plus près ... tiens, tiens, ils font du bio avec leurs slips ?
Mr H - Pourquoi ?
Dr J - Regarde ... " 5 dosettes ginseng " ... " micro capsule resplenishment " ... c'est quoi ce machin ? ... à moitié new age, non ? ... " cultivé depuis des millénaires en Chine " ... " meilleure adaptation de l'organisme à l'effort " ...
Mr H - Oui, bon ... c'est pour la forme, sans doute ... physique, mentale ...
Dr J - ... " action stimulante sur les organes génitaux " ... ouarf ! mentale c'est ça, oui ! ... encore une connerie d'aphrodisiaque pour vieux débris, plutôt ... attends attends, lis ça ... " il suffit de plonger 20 min votre sous-vêtement dans 5 litres d'eau tiède en ajoutant un sachet " ... " étendre et égoutter " ... ouah ah ah ! n'importe quoi ! ... tu imbibes ton slip ... et tu mets popol au garde à vous ! ... ouah ah ah ! ...
Mr H - Oh ça suffit ... c'est juste un truc avec des " substances organiques intégrées dans le tissu " ... je ne vois pas le rapport ...
Dr J - Ah oui ? et bien si tu manges des flageolets, t'as plutôt intérêt à serrer les fesses dans ton slip imbibé d'essence de ginseng ... ouah ah !
Mr H - Très classe Dr Jekyll ! allez, retourne lire famille Chrétienne ... tu perds le sens commun, là !
Dr J - Ah, tu me fais bien rire avec ton site et ses slips bioniques ... mais dis moi ... tu n'as pas commandé ça quand même ? ... voyons voir ... ah non, ouf ! on revient de loin ... un boxer blanc ! ... " 87 % de micro modale et 13 % de spandex " ... rien que ça ? ... mazette ! ... c'est au moins fabriqué par la NASA ton boxer, non ?
Mr H - ...
Dr J - Ah je n'avais pas vu le slogan, pardon ... " douceur et caresses sont au rendez-vous " ... Ah bon ? ... dans le colis, ils te livrent aussi le chippendale de la photo ?
Mr H - Oh tu m'saoules ... tu sais lire ? ... " texture douce et confortable " ... voilà ce que je regarde !
Dr J - Oui oui bien sûr ... tu es très ... euh comment dire ? ... très crédible dans cette histoire ... et ce petit boxer blanc, aussi sexy, on peut savoir qui aura l'extrême privilège d'y glisser la main, de tirer sur l'élastique ... et de le faire glisser le long de tes cuisses ... euh comment déjà ? ... à la musculature ciselée ... ouarf ( rire sous cape )
Mr H - C'est ça , moque toi ... tu ne seras pas déçu !
Dr J - Ah bon ? tu as un plan ? ... c'est qui ?
Mr H - Hé hé hé !
Dr J - Allez, dis moi !
Mr H - Tiens regarde ...
Dr J - Regarde quoi ?
Mr H - Son portrait ! ... http:// ... :-)
Dr J - C'est pas VRAI ! ...

02/05/2006

02/05/06 - 00:52

L'été en avril.

On avait dit 13 heures à l'appartement ...
Le soleil de midi trente me pressa de partir à l'heure. C'était, fatalement, sans compter sur cet escargot à quatre roues qui se fit un malin plaisir de conforter ma réputation de retardataire ... à quand le coupé Z3 ?
J'aime bien cette route ... au fur et à mesure des kilomètres déroulés, le paysage, urbain puis champêtre, devient balnéaire ... un peu de quatre voies, quelques champs bordés de talus, les panneaux attrape-touristes trop racoleurs, le pont surplombant les bateaux, puis les dunes, les pins parasols ... et enfin la mer avec ses rivières de diamants que le soleil fait scintiller ...
H + 15 mn ... devant la porte je commencais à chercher les clés ... ah non c'est vrai, il faut sonner ... c'est un sentiment étrange de sonner chez soi ...
Les cris des enfants, les embrassades de retrouvailles après plusieurs semaines, l'excitation de ces petits anges qui trépignaient de me revoir ...
" Viens vite, Jekyde, on va jouer dans le jardin " ... " tiens, c'est pour toi le dessin " ... " touche ! c'est toi le chat " ...
J'étais ravi de les voir s'être déjà appropriés ce lieu qui m'est si familier ... familier, un bien grand mot ... souvent loué, parfois prêté, jamais vraiment habité ...
" Allez les enfants, on se dépêche ... "
On leur avait promis de les emmener admirer ces mystérieux cailloux, debouts depuis la nuit des temps, puis d'aller à la plage ...
" allez, hop hop ... un tour au pipiroom avant de partir ... "
Profitant du conseil avisé d'une Maman attentionnée, je décidai de suivre l'exemple ... feintant malicieusement un empressement enfantin pour les faire rire ...
En passant, un coup d'oeil furtif dans la salle de bains ... coup au coeur ... apparition fantomatique ... une silhouette dans la pénombre s'éponge le corps après la douche ...
Arrêté dans mon élan, j'hésite un peu, puis avance lentement vers la porte de la chambre, délaissant celle des toilettes. La main sur la poignée, j'entre, doucement, comme si je n'étais pas chez moi ...
En approchant du lit, où elle vient de passer la nuit, je caresse doucement la commode, spectatrice impassible et muette d'une pièce libertine jouée en trois actes, il y a ... me semble-t-il ... si longtemps déjà ... ce sont les mêmes draps ...
C'est troublant de voir à quel point les murs d'une maison ont une mémoire, eux aussi ... à quel point ils peuvent s'imprimer de souvenirs marquants ... un peu comme des initiales gravées sur l'écorce des arbres dans la cour d'une école ... j'y revois les ombres chinoises de deux corps enlacés en train de danser sur la tapisserie ... un frisson de plaisir amorce sa descente ...
Une petite main me prend la mienne ... et m'arrache de ce songe érotique ...
" Tu viens Jekyde ... vite, on y va ... "
Je baisse le regard, un peu gêné, craignant que ces petits yeux innocents puissent lire ce que revivaient les miens ...
" J'arrive ma chérie ... "
Le secret de Mr Hyde pèse encore plus lourd dans des moments pareils ... mais Dr Jekyll lui répondit en souriant, bien sûr ...

Plus tard dans l'après midi, assis devant la plage, elle soulagea son coeur de quelque tracas familiaux, que je devinais depuis longtemps, mais dont elle me parla pour la première fois ... mon bras timidement posé sur son épaule, je la consolais de mes mots maladroits, avec douceur ... les enfants riaient et jouaient sur le sable, loins de ces conversations de "grands" ... pendant que le soleil nous tannait le visage et que la mer s'approchait ...
J'étais ému pour elle, mais j'ai su la rassurer, l'encourager ...
Ce n'était pas le jour de lui présenter Mr Hyde ... mais ça viendra ... elle, au moins, saura l'accueillir, avec bienveillance ...

Ce fut un mercredi d'avril pas comme les autres ... un de ceux qui savent se prendre pour une belle journée d'été ... légère, ensoleillée, iodée ...
De retour chez moi le soir, je me suis couché ... épuisé mais serein ...

24/04/2006

24/04/06 - 01:20

La machine à foudre.

17 h ! ... mais il serait temps de retourner bosser un peu, non ?
J'arrive au "bureau" en sifflotant, vêtu d'une humeur guillerette, ravigoté d'un terrasse-café-soleil-copains qui a un peu trop trainé ...
Bonjour mon "collègue" ... et là ... Abeugueudouflash ! ...
Mais qui est ce charmant jeune homme assis près de la machine à café ? ... châtain clair en bataille, des yeux bleus un peu clairs, une silhouette fine, un jean ... euh ... moche, le haut négligé ... pas trop mon style ... mais coup d'coeur ! ... et des yeux, des yeux rieurs et un sourire ravageur ... Mr Hyde, à genoux ... Dr J se cabre et se méfie ...
Mon gaydar, vite ! ... oh non, plus de pile ! ... tant pis, à l'attaque ...
Les amis de mon collègue sont mes amis ... surtout s'ils sont très jolis ... alors je mets le paquet, profitant d'un café coulé, le duo devient trio ... et nous voici bavardant de tout de rien ... Dr J mode sociable "on" ... comme il sait si bien le faire lorsque Mr Hyde le lui demande avec un regard papillonnant ... un oeil qui toise, une oreille qui guette le moindre indice d'appartenance au "clan" du bel inconnu ...
Et voici que ce charmant garçon se voit offrir un cadeau, pour je ne sais quel service rendu, une babiole de trois fois rien, accompagné d'une carte de remerciement vocale ...
" Tiens, c'est pour ****a ( prénom apparemment féminin d'après mon traducteur de prénoms fantaisistes ) ... ça lui fera sûrement plaisir " ...
Premier coup de poignard !
Merde il a une copine ... Mr H, ne désarmant pas, me chuchote à l'oreille qu'il pourrait s'agir de sa mère, après tout ... de sa soeur, de sa cousine ... de sa chienne même ... pourquoi pas ?
Ragaillardi par cette hypothèse capillo-tractée, je replonge dans la bataille, c'est vrai, sait-on jamais ? ...
" Un autre café ? " ... " ah, je veux bien " ... " avec une part de gâteau au chocolat, il faudrait le terminer ( smile !) ...
Blablabla ... la pluie, le beau temps, le gouvernement ... et voilà qu'il se retourne vers moi ...
" Excellent ce gâteau ... c'est ta femme qui l'a fait ? ... "
Deuxième coup de poignard !
QUOI ! mais il se fout de moi, ou quoi ? ... Grrrr ...
Abassourdi par tant d'assurance de me voir la bague au doigt ... ou la corde au cou ... je manque de m'étouffer en avalant sa couleuvre et ma bouchée chocolatée ... et de lui répondre mi-vexé, mi-décontenancé ...
" Mais ce ne sont pas toujours les femmes qui font les meilleurs gâteaux ! "
( Mr H me soufflant " ni les meilleurs pipes, mon coco ! ... " )
" Il suffit d'être comme moi, un gourmand incorrigible ... et de ne pas résister au pouvoir du chocolat ... "
( Mr H, tout bas " ni aux tablettes de chocolat que tu sembles cacher sous ton tee-shirt, canaillou ! " Mmmh, moi je gouterais bien à ton ...)
Une baffe à Mr H plus tard, pour ces souffleries inopinées, et me voici reprennant, tant bien que mal, le fil de la conversation qui s'éloigna du chocolat ... ouf !
Au moment de partir, il se lève, me sourit ... " alors à bientôt ! " ... :)

Verdict ? ... ( " il est canon ! " ... " oh tais toi ! " ) ... peu importe ... il doit revenir, on verra bien ... mais c'est couru d'avance ...
Toujours est-il que c'est parfois rassurant d'avoir un coup d'coeur, un coup d'charme, quand un petit quelque chose d'étrange s'échange dans nos regards ... et même si ça finit par un râteau d'hétero ... il est bon de savoir ... que la "machine à foudre" n'est pas foutue ...

22/04/2006

22/04/06 - 00:35

Comme Marc le chante si bien ...

Et j'ai toujours ce torticolis ... un revolver pointé au creux de l'épaule ... à m'en donner la migraine ...
Faire couler un bain chaud, très chaud ... et s'y glisser, dans l'eau lisse, ma matrice ...
Pas de téléphone, quelques cigarettes, un peu de musique, mais tout bas alors, très bas, comme si les notes provenaient de l'appartement du deuxième ...
Choix du soir, Marc Lavoine ... tiens, ça fait longtemps ... oh bien sûr, Lavoine c'est pas Mozart ... so what ? ... les loups se reconnaissent à leur hurlement ...
Le silence moite de la salle de bain où flotte la musique, le toucher charnel et sensuel de ce vêtement liquide ... c'est l'aqua-rève ... je plonge lentement dans mes songes, dans ces limbes qui sont les miennes, avec ce décor temporaire de paroles et de mélodies ... le nerf se relâche ... je suis bien ...
C'est fou comme certaines paroles vous collent à la peau, comme certaines chansons reflètent votre coeur et chantent vos pensées ... pas besoin d'écrire ce soir, Marc le chante si bien pour moi ...
En sortant du bain, si ma vie se jouait en comédie musicale ... Mr H chanterait la 2, je crois ... Dr J la 5, forcément ... moi, je préférerais la 8 ... fatalement ...




Dans la série des "si" ... si j'avais fait polytechnique ... j'aurais transformé d'un coup de baguette informatique ... les numéros en yousendit ...
J'étais pourtant sorti premier de l'école, moi ...
Bon d'accord, c'était le jour où il y a eu le feu ...

14/04/2006

14/04/06 - 01:32

Le " vie en rose * "

Dr J - Tu n'as pas bientôt fini de trainer comme un pauvre hère ... avec ta tête d'enterrement ... tu es ridicule ... on dirait que ça ne te réussi pas ta liberté conditionnelle ... un vrai zombie !
Mr H - Je n'y peux rien ... mais merci de ton réconfort ... ça m'aide !
J - Mais réagis, bon sang ... bouge, secoue toi un peu, ne reste pas comme un Calimero à jouer les Bovary d'opérette ...
H - Je n'y peux rien, je te dis ... moi aussi ça me rend malade de me voir comme ça ... mais j'ai perdu l'envie ... des choses ... des gens ... je veux retourner là-bas ... dans ma tour d'ivoire, ramène-moi, s'il te plait ...
J - Quoi ! mais ça va pas ! hors de question ...
H - Pourquoi ? ... tu vois bien que ça ne marche pas ...
J - Non non, c'est trop facile ... écoute moi, tu viens de faire un très grand pas déjà ... rappelle toi, j'étais là moi aussi, j'ai tout vu ... ce sourire épanoui et ces étincelles de plaisir dans tes yeux ... tu vois, tu y arrives ...
H - Ah oui ! pour quel résultat !
J - Non, crois moi, ce n'est que passager tout cela ... il te faut du temps pour admettre, pour assimiler, pour comprendre ... et retrouver ta gay-té :) ... tu y parviendras ...
H - Mais j'ai perdu ma petite flamme ... la confiance en moi ... la foi en l'autre ... je ballotte entre mépris et dégoût, entre impuissance et lassitude ... je ne veux plus de ça ... je veux retourner là-bas, au milieu de mon jardin secret, bien à l'abri ... vis, toi, à ma place ... tu as l'habitude, tu es si désinvolte, si volatile, si insouciant ... rien ne te blesse, toi ... tu as tout compris ... Monsieur l'épicurien maladif !
J - Mais c'est trop tard, mon cher Hyde, pour faire demi-tour ... le programme est lancé, tu ne peux plus retourner là-bas ... tu es né maintenant, tu entends, tu es né ! ... il ne te reste plus qu'à grandir, à poursuivre ce chemin, à mûrir ... ce que tu ressens est tout à fait normal, je t'assure ... c'est la première fois, mais sûrement pas la dernière ... et regarde autour de toi ... le monde est rempli de gens qui, un jour, ont vécu la même chose que toi ... ça fait partie des risques, mais ça en vaut la peine ... tu ne dois pas te laisser aller comme ça ... tu dois comprendre, accepter ... que les gens puissent être ce qu'ils sont ... et non pas ce que tu voudrais qu'ils soient ...
H - Mais je sais ! ... j'ai bien compris ! ... mais moi je voulais de la sincerité, du dialogue, pas un mur de silence ... je suis capable de tout entendre, tout !
J - Ce n'est pas l'impression que tu donnes ...
H - Tu n'en as pas assez bavé, toi, de ce manque de communication, depuis tout ce temps ... tous ces non-dits, ces sentiments aseptisés, ces sourires de facade qui cachaient des langues de vipères ... de tous ces mensonges, ces secrets ... oh, bien sûr, toi tu regardes ça de haut ... Monsieur, rien ne l'atteint ! ... moi je ne peux pas, ça me rend malade ... le doute est un venin qui sournoisement me pourrit la vie ...
J - Mais non, tu fais fausse route ! ... concentre toi sur toi-même ... tu dois te convaincre que tu n'y es pour rien ... repeat after me ... " I am what I am ! " ... tu as des défauts, certes, mais des qualités, crois moi ... un jour, sans t'y attendre, tu trouveras de la douceur et de l'amour dans le regard d'un autre ... bientôt, j'en suis sûr ...
H - Ah oui ? ... mais ce ne sera pas grâce à toi !
J - Comment ça ?
H - Ton râteau, la dernière fois ...
J - Mais ça n'a rien à voir ... tu n'étais vraiment pas en état, ce jour là, de jouer le joli coeur, voilà tout ... ni pour un roulage de pelle en plein bistrot avec un inconnu qui admirait ton stylo !
H - De toute manière, j'en ai rien à faire ...
J - Ohlala ! tu me saoules ! allez, viens par là ... il est temps que je t'explique deux trois choses ... mais avant tout, tiens, bois ceci !
H - C'est quoi ?
J - Ma spécialité ... un coktail maison ... contre la mélancolie passagère ...
H - Y a quoi là dedans ?
J - Je l'ai appellé le " vie en rose " ... quelques gouttes d'égoïsme, un zeste d'orgueil et de vanité ... le tout noyé dans une liqueur de bonne humeur ... à boire, cul-sec !!!
h - Egoïsme, orgueil ? ... charmant ! que du poison tout ça !
J - Non non ... en infime quantité, et savamment dosé ... ça requinque ton égo en moins de deux ... et tu vois la vie en bleu ... euh, en rose ! ... allez, bois ! tu verras, tout ira mieux demain déjà ...
H - Si tu pouvais dire vrai ... c'est donc ça l'élixir du Dr Jekyll ? ... beurk ! c'est dégueulasse !
J - allez bois ! cul sec !

H - glou !


* à consommer avec modération

09/04/2006

09/04/06 - 20:40

Le râteau ...

Hyde - Tu vois, tu recommences !
Jekyll - Recommencer quoi ?
H - Pour une fois que j'étais là, tranquille, tout seul attablé dans mon QG, essayant fébrilement les nouvelles fonctions de mon "gaydar" ...
J - Tu parles ... il ne marche pas ton truc !
H - Et qui vois-je arriver ? ... Ahlala ! ... mon bel inconnu-mystère ... et qui s'assied, l'air de rien, à quelques tablées, bien en face ... en jetant quelques paires d'yeux si bleus dans ma direction ...
J - Tu parles Charles ... il toisait la déco, oui, les croûtes au mur et les bateaux ...
H - Bien sûr ... genre c'est la première fois qu'il vient ... à chaque fois que nous nous retrouvons ici ... nos regards se croisent ... et tu l'as bien remarqué puisqu'à chaque fois ... tu me fais détourner la tête ... t'es pénible !
J - Mais tu avais du boulot ce jour là, tu étais en train d'écrire ... oui, enfin de faire semblant !
H - Et alors ... toi, tu freines, tu recules ... et quand il s'est levé pour venir me demander du feu, j'ai bien cru que tu allais me faire lui répondre un truc hallucinant du style " désolé, je ne fumes pas " ... encore une chance, j'avais une clope au bec ...
J - Et au fait, tu arrêtes quand ? ...
H - J'ai quand même réussi à garder la main ... et lui roucouler un " oui bien sûr ! " ... assorti d'un regard " tu m' plais bien beau brun " ... mode "on" ... :-)
J - Tu as fait ton allumeur, quoi ! ...
H - Il faut croire que ça ne fonctionnait pas si mal puisqu'il a rebondit ( ouais, pas terrible comme rebond, mais bon ! ) ... en me lançant, toujours debout près de moi, un " sympa ce stylo ! " ... me frôlant presque de la main en désignant ce gadget bariolé à deux sous ...
J - quelle mocheté ce truc ! ... et tu appelles ça frôler ? ... depuis quand trente centimètres définissent le verbe frôler ???
H - Oui bon ... mais il y avait du frôlement dans ce geste, crois moi, mon gaydar était formel ! ... et alors là ... grandiose ... du grand Jekyll ! ... je n'en reviens toujours pas ... comment as-tu osé me faire ce coup là ! ... reprendre le contrôle ... et me faire lui balancer, aussi sec, la douche écossaise du mois ... un " sympa, hein ? ... un cadeau de MA fiancée " ...
J - Hé hé ! il est resté scotché le garçon ! ... demi tour ... hop hop hop !
H - Mais tu me bouffes la vie, tu sais ...
J - Pourquoi ? je n'ai pas menti ! ... c'est bien un cadeau de ta " pseudo fiancée", non ?
H - De la tienne ! ... connard !
J - C'est pareil ... mais tu voulais que je te laisse lui répondre quoi ? ... " ah ouais, il te plait mon stylo ... et bien je te l'offre si tu me roules une pelle ! " ... et bien moi j'ai opté ... pour le râteau ... très efficace !
H - On en reparlera !
J - Mais c'est toujours moi qui contrôle, non ?

H - Profite, profite hippolyte ...

03/04/2006

03/04/06 - 01:42

En direct ce soir ...

Je rentre, un peu avant minuit, et comme bien souvent, je clique et je zappe, je clique et zappe ... et je tombe sur Arte ... une émission ... " la biochimie du coup de foudre " ...
Tiens donc ! ça s'est fait pour Mr Hyde ... qui, rappelons le, n'a pas plus de quinze ans d'âge sentimental ... c'est exactement ce qu'il lui fallait, histoire de comprendre le "space mountain" qui lui arrive en ce moment ... le pourquoi chimique du comment biologique ... le hasard fait de drôles de surprises parfois ...
C'était pa-ssio-nnant !!!
Pour ceux qui ont vu ce documentaire ... RAR ... Rien A Rajouter ... ils ont sans doute mieux compris bien des choses, comme moi ...
Pour les autres ... c'est un peu compliqué à relater , un brin trop scientifique ...
Juste une chose à retenir, un clin d'oeil qui résume bien le ton de l'émission ... et qui pourra éclairer quelques lanternes, par ici ...
L'expérience sur les rats ... si l'on met en présence un mâle et une femelle à la saison des amours ( c'est plus joli dit comme ça ! ) ... le rat, tout excité, parviendra à "honnorer" sa promise cinq à six fois ... avec entre chaque "crac-crac" une période de repos de cinq six minutes ! ... ( j'en vois qui bavent d'envie ! ) ... et puis, plus rien ...
Logique me direz-vous ... faut bien qu'il arrête à un momnet, quoi, c'est pas un lapin ce rat ! ...
Et bien détrompez-vous ... prenez ledit rat, présentez-lui une femelle "fraiche" , comme ils disent, et bien paf ! il remet ça le salaud ! ... et la femelle ? out ? lessivée ? vidée ? ... même pas ! ... présentez lui un autre mâle en chaleur ... belote, re-belote !
Cette experience de laboratoire venait étayer une théorie qui tend à démontrer l'existence de ... l'ennui ... sexuel ! ... gloups !
Si le mâle s'arrête après cinq ou six " tagadac" , ce n'est pas parceque la femelle n'est plus désirable, non non, ... c'est que Monsieur s'ennuie ... et oui !
Alors j'en vois d'ici, les yeux écarquillés, l'air incrédule, abasourdis par cette démonstration scientifique ... qui se demandent si finalement ... ils ne sont pas déjà tombés sur des rats !!! ... oh la vache !!! c'est à devenir chèvre, non ?

En tout cas, un grand merci à Arte, pour d'aussi bonnes émissions ... Mr Hyde s'endort ce soir ... un peu mieux éclairé ... sur le sujet :)
Mieux vaut en rire, après tout ...

02/04/2006

02/04/06 - 23:08

Les échardes.

Parfois, au détour d'un ouvrage, lorsque mon esprit vagabonde dans de lointaines contrées, c'est un instinct primaire qui prend le relais ... avec son lot de réflexes innés qui prennent le contrôle de ma conscience et de sa rationalité ...
D'un geste vif de la main, je balaie quelques copeaux nés d'un sciage, d'un perçage ou d'un ponçage ... et là, brusque retour à la réalité ... aïe! ... trop tard ... ma peau a rencontré une aiguille de bois, insidieusement camouflée, qui n'attendait que mon inattention et mon réflexe de propreté pour pénétrer ma chair ...
A cet instant, double colère ... "encore une ! " ... " mais pourquoi je n'ai pas utilisé un chiffon ! " ... au lieu de ces précieux outils, ô combien fragiles, que Dame Nature nous a placés à l'extrémité de chaque bras ...
Mais quand le mal est fait, inutile de tergiverser ... deux méthodes s'offrent à moi ...

La première, ne rien faire ...attendre patiemment que les chairs, d'elles même, expulsent l'intrus progressivement ... et profiter, sans se l'avouer, de cette douleur exquise qui survient à chaque moment où la zone attaquée effleure un objet ... se surprendre même à titiller régulièrement la déchirure afin de vérifier si la douleur provient de la coupure, elle-même , ou de l'intrus qui a eu l'audace de s'y loger ...

La seconde option, pour laquelle j'opte le plus souvent, reste quand même " l'opération " ... au scalpel, entailler la couche supérieure de l'épiderme, bien parallèle à l'écharde ... du bout de la lame, soulever légèrement le copeau de peau ... à l'aide d'une pince à épiler, retirer le parasite ... ( avec dans le regard, la jouissance et la satisfaction de s'être enfin débarassé du corps étranger ! ) ... soigner la plaie à l'alcool ... ouah !

Avantages et inconvénients des deux méthodes ?
La première nécessite plus de temps pour extraire la bête, mais la douleur est de plus faible intensité, et va en diminuant ...
Pour la seconde, la douleur est plus vive sur le moment, mais disparait très vite ... et la cicatrisation s'opère plus vite, si l'incision est franche, en ayant pris soin,évidemment, d'utiliser une lame neuve et stérélisée ... le lendemain, on ne sent plus rien ...





Et voilà que dernièrement, j'ai attrapé une nouvelle écharde ... au coeur cette fois ...
C'est sûr, se frotter à un hérisson comporte ce genre de risque ...
Néophyte en la matière, j'ai cru bon d'utiliser ma bonne vieille seconde méthode ... je tranche, net, précis ... j'extirpe ... je me libère ...
Or aujourd'hui, je ne comprends pas ... j'ai toujours aussi mal ...

Mais les échardes ... au coeur ou au doigt ... ne se traitent, sans doute pas, de la même manière ...
J'en sais rien ... je ne pouvais pas savoir ...
Et s'il restait encore une minuscule éclisse ?!?

19/03/2006

19/03/06 - 19:51

La cheminée

A quoi bon s'époumoner sur les braises d'un feu qui ne prend pas ...
J'ai beaucoup trop soufflé, je crois, à m'en étourdir.
Et cette fumée qui me pique les yeux.
Le chêne est trop vert ... je le savais pourtant ...
Alors que faire ?
Partir à la recherche de bois plus sec ? et retenter une autre flambée ?
Mais je cherche, je cherche ... et ne trouve que du sapin, ou du petit bois ... ça ne chauffe rien !
Ou peut-être abandonner l'idée de la cheminée ...
Et rallumer la chaudière, espérant, naïvement que cela puisse me réchauffer ...

Je ne sais plus ... laissons venir ... la cheminée ou le radiateur ...

En tout cas, j'ai froid, je vais me faire une bouillote ...

19/03/06 - 12:17

entends ce que je ne te dis pas ...


- Alors, ce théatre ? ( petit sourire en coin ) ... c'était sympa ?
- Formidable ! j'ai adoré ! ... très bien joué pour une troupe d'amateurs ...
- Ca je m'en fiche ...
- ... ( oui je m'en doute ... )
- Vous étiez tous les deux, en amoureux ? ... tu en es où ?
- Nulle part, voyons ...
- Allez, tu peux me le dire, à moi ... tu t'es déclaré ?
- Mais ça va pas ! on ne se connait que depuis quelques semaines ...
- Mais tu es amoureux ?
- Comment veux-tu que je le sache ?!?
- Mais enfin, Jekyde ! ... ces choses là, on les ressent tout de suite ... pas besoin d'attendre six mois ... en tout cas, tu as bon goût ! ... elle me rappelle un peu *** , en fait, ... elle est ravissante ... et te dévore de ses jolis yeux quand tu es là ... et toi tu ne vois rien !
- ... ( no comment ! )
- Enlève tes lunettes noires, bon sang, et fonce je te dis ... à moi, elle me plait beaucoup ! ...

...


Retour en arrière ... sur un air de déjà vu ...
J'ai peur de rechuter ... de me laisser guider, à nouveau, par ces enthousiasmes amicaux ... de succomber au charme du chant de ces sirènes de la bienséance et de la normalité ... de me perdre dans le labyrinthe de l'amour ... de me laisser guider par le fil de cette nouvelle Ariane aux yeux si bleus ... jusqu'à me laisser ligoter de son amour, sans rien dire ... sans oser refuser ...
Jusqu'à me reveiller, paniqué, en sueur, comme après un mauvais rève ... constatant, effrayé, que ce tourbillon des sens ne me mène nulle part ... qu'à me faire récolter le désordre et la tempête ... ayant seulement semé, innocemment, ce petit "oui, moi aussi" ... si anodin à première vue ... mais qui devient la clé de voute de l'édifice du mensonge ...

Pourquoi me fais-tu ça, ma chère S*** ? ... me tourmenter avec tes questions ?
Tu ne devines donc rien du jeu du Dr Jekyll ... c'est un si bon comédien ?
Tu prétends me connaitre mieux que personne ... alors pourquoi ne pas me faciliter la tâche ... pourquoi ne pas me tendre une perche salutaire ... une main amicale qui faciliterait ma confession ? ... pour que je puisse, enfin, démasquer cet usurpateur ...
Sans doute l'aimes-tu plus que moi, Mr Hyde, que tu ne connais pas ... ou alors tu as peur de moi ...
Mais, sans savoir, tu deviens complice de Jekyll et de ses méfaits ... en l'encourageant sur ces chemins perilleux de l'amour ... qui ne sont que des impasses ... rue des pleurs ... chemin de la trahison ... ruelle du faux semblant ...
Même toi, mon amie, tu portes des oeillères ... comme les autres ...

Mais je ne blâme personne, je n'accuse personne ... c'est moi le vrai coupable ...
Il va me falloir beaucoup de courage pour te faire entendre ce que tu as peur d'écouter ... mais cette fois, pas question de semer un petit "oui, moi aussi" ... de me laisser ligoter à nouveau ... dans ce jeu des sentiments, je refuse de faire une autre victime innocente ... de déchirer un coeur si noble par la performance du jeu d'un acteur si fourbe, menteur, manipulateur ... méprisable ...

Prépare toi, ma chère S***, à entendre ma voix ... à écouter ce que je ne te dis pas ...